Sarko président...

10 mai 2007 17:38 | Curieux | 0 commentaire

 


Même en Belgique les gens sont content :D


 




Les Arctic Monkeys ont un côté très énervant. Réussir, à 20 ans à peine, un album de la trempe de Whatever People Say I Am, That's What I Am Not, condensé brillant de rock énervé mâtiné de mélodies pop imparables, sans effets de manche, sans déclarations tapageuses dans la presse britannique, sans looks branchés à deux euros, sans déballages nauséabonds de relations intimes contre-nature avec l'un ou l'autre top model famélique en manque de publicité laisse un champ d'action exceptionnellement étroit en matière de critiques, qu'elles soient constructives ou simplement bêtes et méchantes. Une aura de premier de la classe qu'on jalouse secrètement et qu'on attend de pouvoir égratigner à la première occasion. Et lorsque arrive l'exercice fatidique du deuxième album, les prédictions des « Paco Rabanne » cyniques que nous sommes ne sont guère optimistes et prévoient déjà la chute avec pertes et fracas de cette station orbitale qu'on n'estime pas encore à l'abri d'une panne impromptue de tuyères.

Les premières écoutes de Favourite Worst Nightmare paraissent de prime abord conforter l'idée d'un tel scénario catastrophe. Si l'on retrouve ça et là les riffs accrocheurs, la rythmique survoltée et les paroles ironiques et gouailleuses de son prédécesseur, pas de véritables (r)évolution en vue. En témoignent un Brianstorm efficace mais sans surprise ou un Teddy Picker qui semble directement sorti des chutes de Whatever... Pire, on se prépare même à prévenir Houston de l'imminence du crash, le manuel d'atterrissage d'urgence coincé entre les genoux, sur le très mauvais Only Ones Who Know, ballade sirupeuse sans intérêt. Certes, le groupe a gagné en maturité, la production en clarté et finesse mais l'effet de surprise du premier album paraît définitivement dissipé. Dans le domaine, seul le sauvage D Is For Dangerous et son épatante confrontation de voix éraillées et mordantes tire véritablement son épingle du jeu.

Ce n'est qu'au prix d'efforts d'attention répétés qu'on met finalement la main sur les clés des moteurs de secours qui vont permettre à l'entreprise de retrouver son orbite de croisière. Car c'est finalement à travers ses morceaux les moins évidents que l'album trouve toute son amplitude : le très beau Do Me A Favour et ses esquisses psychédéliques entre montée, retombée et big bang définitif, This House Is A Circus et son riff d'intro entêtant, le formidable If You Were There, Beware, petite merveille d'imprévisibilité tantôt miel tantôt moutarde, le presque « rapturesque » Old Yellow Bricks, autant d'ovnis (comparés aux singles assassins des débuts) qui démontrent avec panache que les rookies d'Arctic Monkeys ne seront définitivement pas que les cosmonautes d'une seule mission. A condition bien entendu de continuer à éviter soigneusement la sécurité bienveillante de l'astronef au profit d'autres sorties hasardeuses dans l'espace.

[Kweb.be]